« Le revers de la médaille ou le double langage des « pseudos-mondains » du thé ? »

Le thé parfumé c’est nul, le thé parfumé ce n’est pas du thé, c’est chimique, c’est ceci, cela, etc. Ce discours, je l’entends, je le lis trop souvent. Il m’avait d’ailleurs inspiré cette note en juin dernier.

Sans cesse les buveurs de thé parfumés subissent les remarques des soit-disant « vrais » amateurs, des pseudo-experts… En fin de journée, je me connecte sur Facebook, et je découvre un texte très long de Guillaume Leleu, fondateur de la Maison Theodor. Je le lis puis ajoute un commentaire… « merci ». Lorsque le fondateur d’une maison de thé, un tea-taster reconnu exprime tout haut ce que beaucoup pensent tout bas, cela ne me donne qu’une envie, partager son texte. Je lui ai donc demandé l’autorisation, voici son « coup de gueule » en intégralité. Vous pourrez retrouver Guillaume Leleu sur Facebook.

Le revers de la médaille ou le double langage des « pseudos-mondains » du thé ?

C’est de thé dont il s’agit! De thé ? Oui, autant parler de ce que l’on prétend connaître!
Le succès ? La réputation ? La considération ? Oserais-je croire que cela n’est que par pure jalousie ?
Pourquoi ai-je du mal à penser qu’il y a là aucunement matière à franchise, en toute objectivité, sans arrières pensées aucunes ou bien encore intentions malsaines ? Parce que si tel était le cas, au moins il serait ouvert un débat. Public ou non, celui-ci aurait le mérite de confronter les idées.

Mais que neni, l’étroitesse d’esprit de certain, la petitesse des propos, le manque même d’arguments, ne peut s’exposer pas sur la place publique.
Avoir le courage de ses opinions et défier celle des autres est un acte de chevalerie d’un autre temps, à l’état de fantasme et de rêveries de nos jours.

Alors soit, utilisons les mêmes armes que nos amis, avec fourberie, hypocrisie et affirmons haut et fort, sans désigner qui que ce soit, les maux du non-dit!

J’ai rarement lu, autant qu’à présent, « d’articles » ou autres notes, mémos…affligeant tous les maux du monde au thé parfumé et l’opposant à la sacré sainte boisson, la seule concevable, l’unique, le thé nature ou thé d’origine (terme que l’on se doit de faire usage en qualité de pseudo-expert, pas du tout marketing et sans aucune intention mercantile -mais non voyons!).
Ainsi les thés parfumés seraient « Des thés marketing au goût insupportable…,qui puent.. sans corps, …de qualité médiocre….aux essences « bon marché »…. »tout juste bon à n’être « utiles qu’en cuisine », « .. de la facilité et de la rentabilité pour les maisons de thés… »..  » de la poudre aux yeux »…pour lequel il ne faudrait surtout pas « s’abaisser à boire ce genre de breuvage incongru »
Quant aux « pauvres crédules » qui le consomment, l’achètent et l’aiment, je ferai l’impasse des commentaires, tous plus glorieux les uns que les autres sur ces individus, probablement sans éducation, culture et savoir-vivre.

Ces opinions ne poserait problème à personne si elles n’étaient, bien justement que des simples opinions, un avis argumenté, laissant la place au droit de réponse contradictoire ou sans aller jusque là, au subjonctif, à la possibilité du doute, à la reconnaissance de la différence et non un procès en bonne et du forme, accusateur et culpabilisateur !
Bien au contraire, les propos tenus ne manquent pas d’être intolérant au delà même de ce que l’éducation et le savoir-vivre l’autoriserait, injurieux, petits, mesquins, sans courage et sans audacité dont ma responsabilité m’engage à ne pouvoir rester muet pour remettre un peu de justice vis à vis de ce thé tant décrié à compter du moment qu’il soit parfumé.

Certes, ce n’est pas d’aujourd’hui, que le fond du problème existe. Vouloir créer une échelle de valeurs dans ce monde bien -pensant, établir une lignée noble, plus noble qu’une autre et s’orgueillir de ses privilèges a été toujours été le faire-valoir de pseudos-intellectuels bourgeois. Mieux vaut compter sur soi-même pour s’attribuer quelques valeurs que de compter sur le autres pour le faire lorsque l’on connaît sa piètre valeur soi-même. Il est quand même plus aisé de prétendre être, qu’être tout simplement.

Alors, le thé parfumé est -il bien un thé de « seconde zone » ?
Vous l’aurez compris, à lire certains : OUI, voir de 3eme ou 4eme zone.
A mon humble avis de petits créateurs de ce type de mélanges, mais également au titre d’un simple consommateur : NON, loin de là.

Le thé parfumé est un des nombreux visages du thé et ce depuis toujours. Il est une des propositions aux côtés des origines,des variétés, des méthodes, qui font le thé, dans ses lettres les plus nobles. Il fait partie intégrante de cette boisson et mérite d’occuper la même place qu’un Dan cong, un Darjeeling, un Oolong de Taïwan.
Lu Yu se retournerait dans sa tombe s’il venait à lire cette posture que de remettre en question, de façon permanente, la place du thé parfumé. Car cela va à l’inverse même de la philosophie propre à ce breuvage. Boisson de l’hospitalité, boisson de l’accueil, boisson du pauvre comme du riche, boisson aux milles et un visages.
Le thé est l’ambassadeur de la tolérance, du respect, de la rencontre des cultures et de l’échange.
Il n’y a pas et n’y jamais eu de degré de noblesse dans une tasse de thé. Ce n’est qu’une simple boisson et ce mal occidental qui consiste toujours a établir des échelles de valeurs entre les hommes n’appartient pas au monde du thé.
Personnellement, je consomme bien plus de thé nature que de thés parfumés car j’en apprécie le caractère varié. Ceci me donne t-il le droit de juger, bannir mon voisin. Ceci me confère t-il le pouvoir de tenir des propos prétentieux vis à vis de ceux qui n’ont pas les mêmes goûts que moi ?
Car tout ceci n’est qu’histoire de goût, pas de finesse, pas d’élégance ni même d’esprit du goût, mais d’appréciation propre et égoïste d’aimer ce que l’on aime.
Un thé parfumé, n’est pour ce qui concerne les thés que je créés, que de la nature avec de la nature, une plante « le Camélia » mélangé à d’autres plantes, que cela soit fruits, fleurs, épices ….En quoi cela est-il moins noble qu’un thé d’origine ? Je l’ignore.
Ces détracteurs ne font-ils pas la cuisine ? Ne mangent-ils leurs tomates que nature, sans huile, vinaigre, sel, poivre ? Ne font-ils pas cuire leurs viandes, leurs poissons ? Mange t-il cru ?
Créer un thé parfumé serait-il donc un acte diabolique, qui consisterait à altérer ce qui il y a de plus noble ? Ceci me rendrait-il coupable de sorcellerie ? Commets-je l’irréparable à vouloir offrir un thé aux saveurs d’un biscuit, au point que ce breuvage en soit taxé de superlatifs plus flatteurs les uns que les autres comme de « thé marketing.. qui puent.. sans corps.. »?
SI tel est le cas, j’ai eu la bonne idée de ne pas en être un précurseur. Pauvres Chinois, arabes, amérindiens et autres diables qui m’ont montré la voie ! Ah non, j’oubliais, il y a également de la noblesse entre un thé parfumé chinois et un thé parfumé d’une maison française, si, si je vous l’assure !
La lignée, probablement !

Lorsque la maison Hennessy fait appel à mon expertise pour associer sa « fine de cognac » à du thé en vue de la réalisation d’un Drinks, se pourvoit-elle ?
Mais, mon dieu, Chanel teint le cotton, le lin qu’elle utilise dans la confection des plus belles robes! Hermès associe son cuir à du zamac en guise de fermoir pour ses sacs à mains. Où va le monde, je me pose la question ?

J’osais espérer que 2012 saurait nous projeter sur les valeurs essentielles de la vie: Le partage, le respect, le don de soi. C’est peine perdue et c’est avec une véritable peine que je me vois, en devoir, d’écrire cette note en réponse à ces piètres commentaires.

Ce qui me rassure, toutefois, c’est que dans le monde aujourd’hui, c’est que la majorité des consommateurs de thés ne tiennent pas ce discours, n’opposent pas leurs propres goûts en les érigeant comme des modèles de pensées uniques et des monopoles de savoir. Combien d’amateurs, j’ai rencontré, qui grâce au thé parfumé ont découverts les parfums d’un Pu Er ? Et puis, osons poser la question, trouverions aujourd’hui du thé nature si le thé parfumé n’était pas vendu? La réponse est NON, je vous l’assure.
Mon thé du matin est un Souchong, mon thé de journée est bien souvent un Oolong quand il ne s’agit pas d’un merveilleux thé vert Japonais. Certes, j’aime les notes multiples et complexes d’un thé nature… mais à côté, je ne prive jamais de l’élégance, de la surprise, du plaisir d’un tasse d’un thé aux notes fleuries, aux notes épicées, aux notes gourmandes d’un thé parfumé. Il est par contre une chose qui est vrai, je ne me le prépare pas en Gong Fu Cha et je renvoie à leurs pseudos-expertises ceux qui vont préparer un thé parfumé avec ce cérémonial, qui pour parfaire leur connaissance, n’est d’usage que pour les Wulongs!

Pour conclure, ce sont ces mêmes détracteurs qui qualifient, dans leur double langage, fait de viles flatteries et d’hypocrisies, la maison que j’ai eu l’honneur de fonder, de « meilleure Maison » du thé parfumés, « très réputée pour ses mélanges ». Cela permet poliment de dire qu’ici, chez Theodor, vous ne trouverez que ces breuvages incongrus de 3eme zone!
Alors, Messieurs, Mesdames, les bien-pensants du monde du thé, mondains d’un autre monde, sachez que c’est avec fierté, et une joie non dissimulée que je sers chaque jour à des milliers d’amateurs mes créations, mes mélanges. Sachez que c’est avec honneur que les meilleures tables du monde ainsi que les plus modestes servent nos mélanges pour accompagner leur repas, que c’est avec dignité que je m’efforcerai à ce que la maison Theodor puisse continuer de porter ce titre dont vous là glorifiez. Et si je peux me permettre un dernier conseil, puisqu’à votre inverse, la maison que je porte, n’est en rien discriminatoire, vous y trouverez également une des plus belles sélection de thés d’origines que le monde et la nature offre à travers ses jardins, ses plantations, ses hommes, ne tient qu’à vous de ne retenir que cette facette là du monde du thé, dans notre proposition. Oui, cela vous demandera, par contre, quelque ouverture d’esprit!

Vive la mixité, le melting-pot, la différence ! Longue et paisible vie au thé nature, au thé parfumé, au thé fumé et autres merveilles des plantes, fruits et fleurs à infusions qui nous offrent dans nos tasses et nos verres de chaque jour une expression sensorielle de plaisirs et de sourires.

Guillaume Leleu

Cela ne plaira sans doute pas à certains de mes lecteurs mais il était important pour moi de partager ce texte qui a beaucoup de sens pour moi… L’idée ici n’est pas de faire de la « pub » à la Maison Theodor… Alors faisons reculer les préjugés et buvons une bonne tasse de thé parfumé, sans pour autant bouder le plaisir d’un bon thé d’origine… Chacun ses goûts non ?

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Author:Alexandra

Je m’appelle Alexandra, je suis le monde du thé depuis deux ans. Ce blog est mon carnet de dégustations et de découvertes. Bonne visite !

15 commentaires à “« Le revers de la médaille ou le double langage des « pseudos-mondains » du thé ? »”

  1. 9 janvier 2012 at 19 h 50 min #

    Merci pour ce partage! ce coup de gueule me plaît en tant que buveuse de thé, d’origine et parfumés, mais aussi et surtout en tant qu’il me semble applicable à tant d’autres domaines. non aux censeurs en tout genre qui nous dictent ce qui est bien ou pas bien, ce qui est supérieur ou « populaire », sans que cette opposition n’ait vraiment un sens. Oui à la diversité, en tout domaine!

  2. 9 janvier 2012 at 20 h 22 min #

    Je suis absolument d’accord !!! L’essentiel est quand même de se faire plaisir !!! Et puis autre point important, souvent, on commence par acheter du thé parfumé avant de se mettre au thé nature…
    BON THES A TOUS !!

  3. 9 janvier 2012 at 20 h 28 min #

    Oui au partage du thé ! Et au partage tout court…

    BM

  4. LucE
    9 janvier 2012 at 20 h 38 min #

    Fait du bien de voir des coups de gueule et de spersonnes qui assument leurs opinions, sans se cacher ;-) Merci, je partage évidemment !! J’adore le thé nature comme le thé parfumé, en 1 mot, j’aime le thé.. tout simplement :-)

  5. 9 janvier 2012 at 21 h 05 min #

    Très bel article!

  6. Ludo
    9 janvier 2012 at 21 h 45 min #

    J’ai déjà exprimé une fois ici ma vision des choses, notamment suite à un commentaire d’une personne de passage su votre blog, voilà bien un article qui rejoint ma pensée.

  7. Isa G
    9 janvier 2012 at 22 h 10 min #

    Je n’aurai qu’un mot : BRAVO !

  8. 9 janvier 2012 at 23 h 20 min #

    Peut-être que les amateurs de vin qui ne boivent jamais de vin chaud sont des snobs. Souvent, sur les marchés de Noël, on trouve des vins chauds de qualités différentes, du meilleur au pire, certain utilisent des épices véritables et d’autres des sachets de poudre. Pour les thés parfumés, il y a toutes les qualités et certains se demandent parfois avec raison pourquoi il y a besoin d’ajouter des arômes à des feuilles de thé si ce n’est pour masquer ou du moins pour embellir quelque chose. En raison des variations de provenance et des grands volumes vendus, l’assemblage permet d’avoir une qualité plus régulière et l’ajout d’agrumes et de fleurs permet de lisser les différences. Comme pour le vin, l’univers du thé est vaste et beaucoup ont leur place du côté de la qualité, mais aussi, on voit beaucoup de marketing. Que penser d’un thé dont on nous dit le plus grand bien mais dont les deux tiers de la description se réfèrent à l’aspect de la boite ? (il ne s’agissait pas d’un thé de chez Theodor)
    Parfois, on rencontre certaines personnes qui disent ne pas aimer le thé et qui se mettent à boire du pu’er après une dégustation. Parfois, on rencontre des gens qui vous proposent un thé et vous vous retrouvez avec une tasse d’eau chaude et un sachet de « Thé au agrumes » avec un goût étrange, comment leur dire qu’il existe aussi autre chose sans passer pour un snob ? Ceci est d’autant plus surprenant qu’ils vous ont offert les mets et les vins les plus délicats au cours du repas. Parfois, on vient au thé par les yeux en admirant l’éclosion d’une « fleur de thé ». Parfois, on parcourt les blogs de thé et l’on rencontre des passionnés, leur défaut est peut-être celui des nouveaux convertis, ils veulent tellement faire partager leur bonheur de boire un thé qu’ils aiment qu’ils en deviennent intolérants pour ce qu’ils n’aiment pas en disant que ce n’est pas du thé mais de la cuisine, il s’en tiennent sans doute à une définition restrictive : Thé = feuilles de camelia sinensis dans de l’eau chaude, préparé de manière à ce que les feuilles donnent le meilleur. C’est sans doute, le côté geek de certains buveurs de thé. Peut-être que pour d’autres c’est culturel : ils regardent du même regard les thés parfumés, que les buveurs de vin portent sur les Asiatiques qui ajoutent des choses dans leur vin parfois français (soda…). Heureusement, chacun a sa place, et ceux qui font de la qualité seront toujours reconnus.

  9. alex.lyly
    10 janvier 2012 at 15 h 15 min #

    et bien…. merci !

  10. Poegraphie
    17 janvier 2012 at 17 h 37 min #

    Que dire, eh bien juste qu’on ne changerera pas les gens c’est peine perdue, personnellement je n’aime que le thé parfumé et les infusions mais ce n’est pas pour autant que je dénigre le thé nature.

    Plus il y a d’odeurs, plus il y a de saveurs et une multitude de notes gustatives et olfactives présentes, plus je suis comblée.

    Je me fiche des conventions et de tous ces « madames-monsieurs-classieux », étroitement limités d’esprit ..

    Pour moi, le thé parfumé sera toujours un moment d’évasion, un moment reposant, ou euphorisant, mais c’est avant tout une vie de souvenirs lié à cette boisson et ces milliards de variantes à travers le monde que je me délecte déjà de découvrir petit à petit au cours de ma vie.

    Le thé est un perpétuel voyage, aussi bien pour la boisson elle même que pour nous …

  11. 18 janvier 2012 at 16 h 10 min #

    La tasse de thé est surtout là pour passer un moment de convivialité, de plaisir partagé ou solitaire, un instant de bien-être (à mon sens).
    Certes il y a des thés parfumés (et des thés non parfumés de piètre qualité) notamment de la grande distribution qui ne sont pas terribles, mais cela dépend des goûts, des expériences et des préférences de chacun. Par contre, un thé de qualité avec un parfum de qualité est un THE et puis c’est tout.
    Les premiers cultivateurs de thés (Chinois, Indiens, Japonais) ont très vite mélangé leurs thés avec des parfums naturels (agrumes, goji, fleurs de cerisier, algues, etc.). Doit-on leur faire la leçon sur ce qu’est un véritable thé ? Ce serait drôle(ment gonflé), n’est-ce pas ?!
    (-_- »)

  12. 21 janvier 2012 at 22 h 39 min #

    Quoi que l’on fasse, il y aura toujours quelqu’un pour dire que cela est bien et quelqu’un pour dire que cela est mal … Bien que, pour ma part, je ne consomme plus de thés aromatisés depuis longtemps et ne boit plus que des thés natures, ma femme boit, elle, du thé aromatisé mais pas de thé nature ; c’est son choix, c’est le mien. Je n’oppose pas l’un et l’autre, chacun est libre de ses préférences. « Le thé parfumé est un des nombreux visages du thé et ce depuis toujours » : tout à fait d’accord donc, comme avec pas mal de ce qui a été écrit par Guillaume Leleu ci-dessus.

    Une chose a cependant été oubliée par Guillaume Leleu : le domaine des thés parfumés est resté un long moment ( et est encore pour bonne partie ) la chasse gardée de chimistes ( pas de « tea tasters » ou de « monteurs », hein, je dis bien de chimistes ) au service de grands groupes de l’agro-alimentaire … et il faudra du temps pour que les mentalités changent bien qu’elles le fassent :  » dans le monde aujourd’hui, [...] la majorité des consommateurs de thés ne tiennent pas ce discours, n’opposent pas leurs propres goûts en les érigeant comme des modèles de pensées uniques et des monopoles de savoir « .

    Trois notes malgré tout :

     » Lorsque la maison Hennessy fait appel à mon expertise pour associer sa « fine de cognac » à du thé en vue de la réalisation d’un Drinks, se pourvoit-elle ?  » A mon sens, c’est la phrase en trop, car elle fait un peu trop « snob » justement. Et être sélectionné par une grand marque, si gratifiant que cela soit, n’est pas une preuve de quoi que ce soit à part le fait que le thé se vend et qu’il faut donc faire un plan marketing pour gagner un nouveau marché …

     » Lu Yu se retournerait dans sa tombe s’il venait à lire cette posture que de remettre en question, de façon permanente, la place du thé parfumé « . Le texte du Cha Jing remonte au 8ème siècle de notre ère, et est donc sujet à interprétation, mais on ne peut pas avancer cela de façon aussi catégorique : je cite Lu Yu :  » Il arrive aussi qu’à la cuisson, des condiments, comme la ciboule,le gingembre, les jujubes, le zeste des mandarines, le clavalier, la menthe poivrée, soient mêlés au thé et bouillis cent fois avec. On laisse reposer le breuvage afin que la partie claire remonte : ensuite, on retire la mousse et on boit. La mixture obtenue ainsi ne diffère pas des rinçures qui circulent dans les canaux d’évacuation. Il n’empêche qu’elle s’est à présent complètement répandue. » … ce qui peut s’interprêter de multiples manières.

     » trouverions aujourd’hui du thé nature si le thé parfumé n’était pas vendu? La réponse est NON, je vous l’assure  » … la aussi, c’est trop catégorique, car il y a pourtant des maisons de thé qui sur une carte de 80 à 100 références ne proposent que 5 ou 6 thés aromatisés … et qui sont tout aussi « vieilles » que Theodor.

    Mais en conclusion : « Vive la mixité, le melting-pot, la différence ! Longue et paisible vie au thé nature, au thé parfumé, au thé fumé, …. » Il n’y a rien à ajouter !

  13. Diaghilev
    22 janvier 2012 at 20 h 24 min #

    Bonjour,

    Ce n’est qu’une question de vocabulaire mais je fais la différence, peut-être à tord, entre thé parfumé et le thé aromatisé. J’associe le thé parfumé à un processus de fabrication traditionnel où l’on fait des tas de thé et de fleurs afin que le parfum de ces dernières soit absorbés par le thé (le produit final état seulement le thé, sans fleurs séchées au milieu qui servent juste à la déco…). Je l’associe un peu au Bi Luo Chun qui aura absorbé les saveurs des vergers dans lesquels sont plantés les théiers. C’est une vision plutôt « poétique ». Par contre quand je vois du thé aromatisé, au caramel par exemple, j’ai un peu de mal à imaginer autre chose qu’un chimiste qui fait des mélanges dans un bécher… et la l’envie de savourer une bonne tasse de thé est coupée…

    Je ne bois que très peu de thé parfumé/aromatisé pour une raison : le manque de transparence ! C’est un raisonnement très (trop ?) analytique mais que buvons nous quand on boit un thé vert à la vanille ? Je suppose qu’un Tai Ping Hou Kui à la vanille sera très différent d’un Long Jing à la vanille (et encore je ne différencie pas les différents types de vanille)… Pour apprécier un mélange, j’aime en maîtriser tous les ingrédients, c’est à dire le thé nature, tout en sachant que le goût du mélange n’est pas juste la superposition du goût des ingrédients de base. Je pense que pour apprécier un thé parfumé il faudrait tout d’abord, maitriser les grandes lignes des « thés d’origine ». Pour moi l’appréciation d’un thé parfumé est une étape secondaire qui permet d’aller plus loin et non une porte d’entrée au monde du thé.

    Si je suis un peu anti-buveur-de-thés-parfumés, c’est n’est pas que je dénigre ce type de thé. Je reconnais tout le mérite des nez qui savent maitriser l’art du mélange des parfums et des saveurs. J’ai juste peur que les gens qui ne boivent que ça ignore la diversité de thés natures qu’il existe. Le thé nature et le thé parfumé sont deux arts distincts : l’un est celui de la production et de la préparation, l’autre celui de l’assemblage des parfums. Aucun de l’emporte sur l’autre, il faut juste être conscient de leur différence et de leur coexistence.

    J’ai l’impression que certains vont s’arracher les cheveux en me lisant mais vous ne pourrez pas dire que je n’ai pas argumenté ^^

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